Une étude récente bouleverse ce que vous pensiez savoir sur vos épices du placard et votre riz du dimanche. Selon Foodwatch, des traces de pesticides interdits apparaissent massivement dans des produits courants. Et certains dépassements des limites autorisées sont alarmants.
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Ce que révèle l’étude
Publiée le 19 mai et relayée par le Monde, l’enquête de l’ONG Foodwatch concerne 64 denrées alimentaires prélevées dans quatre pays, dont la France. Sur ces 64 échantillons, 49 contiennent des résidus de pesticides. Parmi eux, 45 substances ne sont pas autorisées en Europe.
En France, la situation paraît pire. Sur 15 produits analysés, 12 présentent des traces de pesticides interdits. Au total, Foodwatch identifie 54 pesticides différents. La moitié d’entre eux figure sur la liste des substances prohibées.
Produits concernés et cas alarmants
Les denrées mises en cause sont des produits que vous consommez souvent : riz, épices et thé. Deux cas précis font l’objet d’appels au rappel immédiat :
- Paprika doux moulu (marque Ducros, lot 601912350) : 18 pesticides détectés dont six interdits. Deux insecticides dépassent les limites maximales de résidus. Le chlorfénapyr est mesuré à 0,096 mg/kg contre une limite de 0,01 mg/kg. Le flonicamide atteint 1,89 mg/kg alors que la limite est 0,3 mg/kg.
- Riz thaï (marque Taureau Ailé, lot 0506251BN-B) : présence d’anthraquinone, utilisée comme répulsif pour oiseaux, à presque trois fois le seuil toléré.
Pourquoi ces pesticides interdits se retrouvent-ils dans nos assiettes ?
Les ONG parlent d’un « effet boomerang ». Des substances bannies en Europe sont quand même produites sur le sol européen. Elles sont ensuite exportées vers des pays qui appliquent des règles moins strictes. Là-bas, elles servent aux cultures destinées à l’export.
Ensuite, ces produits alimentaires reviennent dans l’Union européenne via les importations. Le cycle se termine dans nos supermarchés et nos bols. Malgré l’engagement pris en 2020 par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, pour mettre fin à ce « commerce toxique », une enquête de l’ONG Public Eye montre que les exportations de pesticides interdits ont augmenté de 50 % entre 2018 et 2024.
Quels sont les risques pour la santé et l’environnement ?
Les risques dépendent de la substance, de la dose et de la fréquence d’exposition. Certains pesticides sont soupçonnés d’affecter le système nerveux, le système hormonal ou d’être cancérogènes à long terme. D’autres perturbent la faune et les insectes pollinisateurs.
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Détecter un pesticide interdit dans un aliment ne signifie pas forcément un danger immédiat. Mais des dépassements importants des limites maximales de résidus, comme dans les exemples cités, justifient l’alerte et des actions rapides.
Que pouvez-vous faire dès maintenant ?
Vous n’êtes pas impuissant. Voici des gestes simples et efficaces :
- Consultez les informations officielles et la liste des rappels publiés par les autorités sanitaires. Recherchez les numéros de lot si vous possédez ces produits.
- Privilégiez les produits biologiques ou certifiés, lorsque c’est possible. Leur exposition aux pesticides est en général plus faible.
- Variez vos fournisseurs et vos marques. Diversifier réduit le risque d’exposition répétée à la même substance.
- Lavez et, si possible, épluchez certains aliments. Pour les épices sèches, il est plus difficile de réduire les résidus une fois présents.
- Signalez tout doute à la répression des fraudes (DGCCRF) ou aux associations de consommateurs. La mobilisation collective pousse les autorités à agir.
Ce que réclament les ONG et les autorités
Foodwatch demande des rappels publics et la transparence sur les contrôles. Les ONG réclament aussi l’arrêt des exportations de pesticides interdits et un renforcement des contrôles à l’importation.
Les réponses officielles restent à suivre. Vous avez le droit d’exiger plus d’information et des mesures concrètes. La sécurité alimentaire concerne chacun d’entre nous.
En résumé
L’étude de Foodwatch révèle une réalité préoccupante : des pesticides interdits se retrouvent dans près de 80 % des produits testés, dont des épices, du riz et du thé. Certains dépassements des limites maximales conduisent déjà à des demandes de rappel. Informez-vous, contrôlez vos achats et faites entendre votre voix pour exiger des contrôles plus stricts et une vraie responsabilité des producteurs.


