Cadmium : faible concentration dans les céréales et pommes de terre, les apports de P2O5 chutent

Cadmium : faible concentration dans les céréales et pommes de terre, les apports de P2O5 chutent

Cadmium : d’un côté, une alerte sanitaire qui touche surtout les enfants. De l’autre, des récoltes françaises de blé et de pomme de terre qui restent bien en-deçà des limites réglementaires. Comment concilier ces deux réalités ? Voici les points essentiels et des actions concrètes que vous pouvez envisager.

Pourquoi le cadmium pose question aujourd’hui

L’Anses a rendu des chiffres qui surprennent. Elle indique que la dose journalière tolérable est dépassée pour une part importante des enfants. Chez les moins de 3 ans, 36% dépassent cette valeur. Chez les 3–17 ans, c’est entre 23% et 27% selon l’étude.

La source principale d’exposition pour les non-fumeurs demeure l’alimentation. L’Agence rappelle aussi que le cadmium est reconnu comme cancérogène en milieu professionnel et qu’il suscite des soupçons pour d’autres cancers. Si rien n’évolue, une part croissante de la population risque des effets à long terme.

Les analyses sur blé et pomme de terre : des teneurs faibles et stables

Les suivis menés par Arvalis, avec les filières et FranceAgriMer, montrent des données rassurantes pour les récoltes. En blé tendre, la teneur moyenne pluriannuelle de cadmium atteint 0,033 mg/kg dans le grain.

Autrement dit, c’est plus de trois fois inférieur à la limite réglementaire pour l’alimentation humaine. Les niveaux sont stables depuis 2004. Pour le blé dur, les teneurs respectent la limite de 0,18 mg/kg et ont décroché d’environ 50% depuis 2010.

Enfin, la pomme de terre affiche une valeur moyenne pluriannuelle de 0,026 mg/kg. Là aussi, c’est nettement en-dessous de la limite en vigueur et les valeurs sont stables depuis une quinzaine d’années.

Les chiffres clés à retenir

Quelques données factuelles qui permettent de mieux situer le problème :

  • 36% des moins de 3 ans dépassent la dose journalière tolérable selon l’Anses.
  • 23–27% pour les 3–17 ans (vs 14% en 2011).
  • 1,4–1,7% des adultes dépassent la dose (vs 0,6% en 2011).
  • La teneur moyenne en cadmium du blé tendre : 0,033 mg/kg.
  • La teneur moyenne en cadmium de la pomme de terre : 0,026 mg/kg.
  • Les livraisons d’engrais phosphatés (P2O5) ont chuté de 67% en 25 ans (source : France Fertilisants).

P2O5 : pourquoi les apports ont tant diminué

La baisse des apports phosphatés s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, les pratiques culturales évoluent : de plus en plus de parcelles de blé ne reçoivent plus d’apport phosphaté sur l’année.

Pour le blé tendre, la part des surfaces sans apport phosphaté a progressé de 33% depuis 1994 et atteint 62% des surfaces en 2021. La dose moyenne appliquée sur les parcelles traitées a aussi diminué de 35% sur la période.

Sur blé dur, l’évolution est comparable : indicateurs respectifs de 20%, 45% et une baisse de dose de 38%. Pour la pomme de terre, l’évolution est plus limitée car la culture exige un apport régulier en phosphore.

Les leviers existants pour limiter le transfert du cadmium

Arvalis identifie plusieurs actions concrètes et complémentaires que vous pouvez mobiliser. Ces leviers visent soit à réduire la disponibilité du cadmium dans le sol, soit à limiter son absorption par la plante.

  • Maintenir un pH proche de la neutralité : un sol moins acide libère moins de cadmium disponible pour les racines. Le chaulage raisonné, par la méthode Comifer, est recommandé.
  • Fractionner les apports d’engrais lorsque vous en faites : cela limite la baisse du pH et évite une libération soudaine du cadmium.
  • Augmenter la matière organique : la matière organique peut complexer et séquestrer le cadmium, réduisant son absorption par les cultures.
  • Assurer une nutrition en oligo-éléments équilibrée : notamment le zinc, qui joue un rôle antagoniste et limite l’entrée du cadmium dans la plante.
  • Sélection variétale : sur le blé dur, l’allèle cdu-1 confère un faible caractère accumulateur de cadmium. La plupart des variétés cultivées le portent déjà.

Que pouvez-vous faire dès maintenant ?

Si vous êtes agriculteur ou conseiller, commencez par un diagnostic simple : testez le pH et la teneur en matière organique de vos parcelles. Ce sont des indicateurs faciles à corriger et efficaces.

Ensuite, raisonnez les apports phosphatés. Fractionnez quand c’est possible. Préférez des pratiques qui améliorent la matière organique : rotations adaptées, couverts, refus d’un travail excessif du sol.

Enfin, informez-vous sur les variétés peu accumulateuses pour vos cultures. Pour le blé dur, la diffusion de variétés porteuses de cdu-1 est un progrès réel. Pour le blé tendre et la pomme de terre, la sélection progresse mais mérite un suivi.

La situation n’est pas alarmante pour les récoltes françaises aujourd’hui, mais les signaux sanitaires pour la population, surtout les enfants, demandent une vigilance renforcée. En combinant pratiques agronomiques, choix variétaux et surveillance, vous pouvez réduire encore le transfert du cadmium vers l’alimentation.

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Auteur/autrice

  • Je suis cheffe cuisinière et autrice culinaire spécialisée dans la cuisine de saison et les arts de la table à la maison. Formée à l’Institut Paul Bocuse et ancienne cheffe de partie au restaurant étoilé L’Atlantide à Nantes, j’ai développé une expertise en cuisine familiale raffinée et accessible. J’accompagne au quotidien des familles pour organiser leurs repas, optimiser leurs placards et recevoir simplement mais avec goût. Sur ce site, je partage mes recettes testées chez moi, mes astuces d’organisation en cuisine et mes idées pour faire de chaque maison un lieu chaleureux autour de la table.

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